Le 14 février, c’est la Saint-Valentin mais aussi la Saint-Valentine, qui est le titre d’un roman de George Sand. Donc pourquoi pas lire Valentine de George Sand le jour de la Saint-Valentin ?
Si vous lisiez Valentine de George Sand
Valentine est le deuxième livre écrit par George Sand après Indiana. Paru en 1832 chez H. Dupuy (Paris), cette œuvre fait partie des romans dits « féministes » de George Sand.
Valentine est une histoire d’amour champêtre dont l’action se déroule dans la Vallée noire, le Berry mystérieux imaginé par George Sand qui se situerait aujourd’hui dans l’Indre aux environs de Nohant-Vic (domaine de George Sand).
D’après “Promenade dans l’oeuvre de George Sand en Berry” de Mickael Ragot, dans le roman il n’y a pas d’évocation de lieux particuliers de la région, mais une description de la Vallée Noire.

Résumé : Le jeune Bénédict, paysan orphelin recueilli par son oncle, le riche fermier Lhéry, a reçu une éducation distinguée qui a développé chez lui des talents, des réflexions et des goûts au-dessus de sa condition. Il est aimé par trois jeunes femmes, sa cousine Athénaïs, fille de Lhéry, et les deux filles du comte de Raimbault, seigneur du lieu, Louise et Valentine.
Dans l’édition de 1856, disponible sur Gallica, une notice écrite par George Sand se trouve en début de livre.
Valentine est le second roman que j’aie publié, après Indiana, qui eut un succès littéraire auquel j’étais loin de m’attendre ; je retournais dans le Berry en 1832, et je me plus à peindre la nature que j’avais sous les yeux depuis mon enfance. Dès ces jours-là, j’avais éprouvé le besoin de la décrire; mais, par un phénomène qui accompagne toutes les émotions profondes, dans l’ordre moral comme dans l’ordre intellectuel, c’est ce qu’on désire le plus manifester, qu’on ose le moins aborder en public. Ce pauvre coin du Berry, cette Vallée-Noire si inconnue, ce paysage sans grandeur, sans éclat, qu’il faut chercher pour le trouver, et chérir pour l’admirer, c’était le sanctuaire de mes premières, de mes longues, de mes continuelles rêveries. Il y avait vingt-deux ans que je vivais dans ces arbres mutilés, dans ces chemins raboteux, le long de ces buissons incultes, au bord de ces ruisseaux dont les rives ne sont praticables qu’aux enfants et aux troupeaux. Tout cela n’avait de charmes que pour moi, et ne méritait pas d’être révélé aux indifférents. Pourquoi trahir l’incognito de cette contrée modeste qu’aucun grand souvenir historique, qu’aucun grand site pittoresque, ne signalent à l’intérêt ou à la curiosité ? Il me semblait que la Vallée-Noire c’était moi même c’était le cadre, le vêtement de ma propre existence et il y avait si loin de là à une toilette brillante et faite pour attirer les regards ! Si j’avais compté sur le retentissement de mes oeuvres, je crois que j’eusse voilé avec jalousie ce paysage comme un sanctuaire, où, seul jusque-là, peut-être, j’avais promené une pensée d’artiste, une rêverie de poète ; mais je n’y comptais pas, je n’y pensais même pas du tout. J’étais obligé d’écrire et j’écrivais. Je me laissais entraîner au charme secret répandu dans l’air presque natal dont j’étais enveloppé. La partie descriptive de mon roman fut goûtée. La fable souleva des critiques assez vives sur la rétendue doctrine anti-matrimoniale j’avais déjà réclamée, disait-on, dans Indiàna. Dans l’un et l’autre roman j’avais montré les dangers et les douleurs des unions mal assorties ; Il paraît que, croyant faire de la prose, j’avais fait du saint-simonisme sans le savoir. Je n’en étais pas àlors à réfléchir sur les misères sociales. J’étais encore trop jeune pour voir et constater autre chose que des faits. J’en serais peut-être toujours resté là, grâce à mon indolence naturelle et à cet amour des choses extérieures qui est le bonheur et l’infirmité des artistes, si l’on ne m’eût poussé, par des critiques un peu pédantesques, à réfléchir davantage et à m’inquiéter des causes premières, dont je n’avais jusque-là saisi que les effets. Mais on m’accusa si aigrement de vouloir faire l’esprit fort et le philosophe, que je me posai un jour cette question : « Voyons donc ce que c’est que la philosophie ! »
Dans un courrier du 19 juin 1875, Victor Hugo est dithyrambique sur l’oeuvre : ” Vous me dédiez ce beau livre, Valentine ! Comment vous dire mon émotion ? Comme créatrice de chefs-d’œuvre, vous êtes la première de toutes les femmes, vous avez ce rang unique ; vous êtes la première femme, au point de vue de l’art, non seulement dans notre temps“
Dans un article présent sur le site internet des Amis de George Sand, intitulé “Sand et Liszt, entente intellectuelle et passion musicale”, il est écrit : “Dans la lecture de Valentine, Franz avait goûté les idées de cette jeune romancière qui avait osé construire un roman dans lequel la différence de classes sociales n’était plus un obstacle majeur à l’amour, alors que lui-même peu de temps auparavant s’était vu rejeté par le père de son élève préférée, Caroline de Saint-Cricq, pour la seule raison qu’il était plébéien et que personne n’avait su remarquer « l’aristocratie » de son génie et l’abondance de ses dons intellectuels.“


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