Michelle Perrot est une historienne française, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Diderot. Elle est l’une des grandes figures de l’histoire des femmes.
En ce 8 mars, Journée Internationale des femmes, nous allons l’écouter évoquer George Sand.
Quelques livres de Michelle Perrot




Bibliographie de Michelle Perrot
Une bande dessinée ou elle est un des personnages vient de sortir


Michelle Perrot est devenue admiratrice de George Sand en visitant Nohant.
C’est par Nohant, par sa maison, que je l’ai rencontrée. À vrai dire, elle ne fut pas un modèle de ma jeunesse. Pour « la bonne dame », je n’éprouvais pas d’attirance. Ses romans, La Petite Fadette, etc., que la grand-mère de Marcel Proust tenait en si haute estime, me paraissaient bons pour les distributions de prix. Je participais à la dépréciation dont Sand a été victime après sa mort. Je la trouvais d’un âge qui n’avait plus grand-chose à dire aux filles de Simone de Beauvoir, dont je me revendiquais.
Ma découverte fut en partie fortuite. La demeure de l’Indre, héritée de sa grand-mère, représente ses racines, mais aussi un refuge contre Paris, qui fit sa renommée et qu’elle n’aimait pas, une « oasis » propice au travail : elle y écrivit l’essentiel de son œuvre, comme Chopin y composa la majeure partie de la sienne. Nohant, elle en rêvait comme d’un phalanstère d’artistes, une communauté égalitaire, un endroit de création et d’échanges par la musique (Liszt, Chopin, Pauline Viardot), la peinture (Delacroix, Rousseau), l’écriture (Flaubert, Dumas, Fromentin, Renan, Tourgueniev…), le théâtre, la conversation.
Ce lieu, Sand l’a investi. L’art y établit la communion des cœurs et des esprits. C’est aussi une cellule politique, inspirée par le socialisme de Pierre Leroux, noyau républicain support de journaux et ferment subversif des manières de vivre et de penser. Nohant est le creuset d’une utopie, pénétrée par le désir de changer le monde.
Pas plus que personne, Sand n’a réalisé son rêve. Aujourd’hui, il nous reste ce lieu, de pierre et de papier, témoin d’une histoire d’amour aux accents infinis.
Elle écrit un livre hommage à Nohant : George Sand à Nohant, Une maison d’artiste






Les commentaires sont fermés