D’AURORE DUPIN À GEORGE SAND
George Sand, née Amantine Aurore Lucile Dupin, est une romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire, journaliste et peintre française, née le 1er juillet 1804 à Paris et morte le 8 juin 1876 au château de Nohant-Vic.
Née à Paris, décédée à Nohant
Aurore Dupin est née le 1er juillet 1804 à Paris dans le 3ème arrondissement, rue Meslay, au 15 à l’époque devenu le 46.
Aurore a une double ascendance, populaire et aristocratique. Son père Maurice Dupin de Francueil est le petit fils du maréchal de France Maurice de Saxe (1696-1750). Sa mère a pour grand-père Antoine Delaborde, un Parisien d’abord maître paumier tenant un billard puis oiselier.
Un demi-frère non reconnu à Nohant
Maurice Dupin a eu auparavant une liaison avec une domestique du château de Nohant, Catherine Chatiron (1779-1866). Elle donne naissant le 5 mai 1799 à un fils déclaré sous le nom de Pierre Laverdure. Maurice Dupin refuse de reconnaître l’enfant qui prendra pourtant plus tard le nom d’usage d’Hippolyte Chatiron (1799-1848). La mère de Maurice, Marie-Aurore de Saxe congédie Catherine Chatiron, mais fait élever l’enfant par le précepteur de Maurice, Jean-Louis François Deschartres.
Lors de son premièr séjour à Nohant, Aurore perd son petit frère et son père
En 1808, Maurice Dupin, militaire est l’aide de camp de Joachim Murat en Espagne. Victoire, enceinte de sept mois de leur 2ème enfant, décide de rejoindre son époux au cours d’un voyage de deux mois pénible, en emmenant leur fille Aurore. Son frère, prénommé Auguste, naît à Madrid le 12 juin 1808, mais il est aveugle. Maurice obtient un congé pour rapatrier sa famille en France. La famille prend la route de Nohant. Ils arrivent dans le Berry dans les derniers jours d’août, chez la mère de Maurice Dupin.
Malheureusement, le bébé ne va pas survivre et meurt à Nohant-Vic, le 8 septembre 1808. Le 16 septembre 1808, Maurice Dupin se tue accidentellement à cheval.
Maurice Dupin de Francueil (1778-1808)
Marie-Aurore de Saxe, comtesse de Horn,
puis Madame Dupin de Francueil, (1748-1821)
Aurore reste à Nohant avec sa grand-mère
Aurore Dupin reste à Nohant, tout d’abord avec sa mère et sa grand-mère. Mais cette dernière, Marie-Aurore de Saxe souhaite la prendre en charge. Aurore Dupin est déchirée à l’idée de se séparer de sa mère.
Un compromis est trouvé et un engagement est pris par écrit le 3 février 1809. Dans les grands lignes, Marie-Aurore de Saxe a la responsabilité de l’éducation d’Aurore Dupin qui passera la majeure partie de l’année à Nohant, Victoire reçoit en retour une rente de sa belle-mère, augmentée par une compensation financière. La grand-mère confie Aurore au précepteur et homme de confiance Jean-Louis François Deschartres, qui l’élève avec son demi-frère Hippolyte.
Une éducation littéraire et philosophique
Aurore Dupin est mise en pension par sa grand-mère, au couvent des Filles-Anglaises de Paris (situé fossés Saint-Victor, actuelle rue du Cardinal-Lemoine, il ne doit pas être confondu avec le couvent des Filles-Anglaises du faubourg-Saint-Marcel) pour parfaire son enseignement, du 12 janvier 1818 au 12 avril 1820. Sa grand-mère la fait revenir à Nohant. Elle lui fait découvrir Jean-Jacques Rousseau mais d’autres philosophes captivent la jeune prodige : Chateaubriand, Aristote, Condillac, Montesquieu, Blaise Pascal, Jean de La Bruyère, Montaigne, Francis Bacon, John Locke, Leibniz, ainsi que les poètes Virgile, Alexander Pope, John Milton, Dante, et William Shakespeare.
Casimir Dudevant
© Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris, CC0
D’Aurore Dupin à la Baronne Dudevant
Marie-Aurore de Saxe meurt le 26 décembre 1821 à Nohant-Vic, quelques mois après une attaque d’apoplexie. Ses ultimes paroles sont pour sa petite-fille : « tu perds ta meilleure amie ». Le comte René, François Vallet de Villeneuve, possesseur du château de Chenonceau, est désigné pour être le tuteur d’Aurore Dupin, mineure et seule légataire à la mort de sa grand-mère. A la lecture du testament, la mère d’Aurore exige que sa fille vienne vivre avec elle à Paris et c’est la rupture avec la famille paternelle. Aurore Dupin quitte Nohant avec sa mère, le 18 janvier 1822.
Mais les relations entre la mère et la fille deviennent vite conflictuelles. Au printemps 1822, Aurore est confié à des amis de Maurice Dupin, James et Angèle Roettiers du Plessis, qui vivent avec leurs cinq filles dans le château du Plessis-Picard près de Melun. C ‘est à ce moment qu’elle fait la rencontre de François Casimir Dudevant, avocat à la cour royale. Elle l’épouse à Paris le 17 septembre à 18 ans.
La situation conjugale se dégrade
Aurore Dupin est donc l’épouse du Baron Dudevant depuis 17 septembre 1822.
9 mois plus tard, le 30 juin 1823, Aurore Dupin donne naissance à son fils Maurice (1823-1889) à Paris.
A Nohant, Casimir régentee tout. Il fait partir le vieux Deschartres, il transforme le domaine. Aurore Dupin se rend compte que tout la sépare de son époux, grossier et peu cultivé.
Aurore voyage. Elle se rend dans les Hautes Pyrénées. C’est là qu’elle fait la connaissance, en 1825, de son premier grand amour, Aurélien de Sèze, substitut du procureur général de Bordeaux. C’est cet amour, au demeurant platonique, qui déclencha le génie épistolier de George Sand et dès les premiers échanges, le futur grand écrivain apparaît.
A Nohant, elle se lie avec un ami d’enfance, Stéphane Ajasson de Grandsagne, originaire de La Châtre, de 1827 à 1828. Le 13 septembre 1828, à Nohant, Aurore Dupin met au monde une fille, Solange (1828-1899), dont la paternité est empreinte d’incertitude. Casimir boit, devient odieux et entretient des relations avec les servantes.
La situation conjugale se dégrade. Aurore Dupin veut son indépendance, souhaite travailler et gérer ses biens propres.
Aurore Dupin devient George Sand
Le 30 juillet 1830, Aurore Dupin rencontre le romancier Jules Sandeau au château du Coudray à Verneuil-sur-Igneraie. Une rencontre qui marque la jeune Aurore. Le 4 janvier 1831, elle quitte Nohant pour Paris. Elle retrouve une petite société de jeunes Berrichons, férus de littérature romantique et qu’elle fréquentait déjà dans l’Indre : Charles Duvernet, Alphonse Fleury et Jules Sandeau. Aurore Dupin engage une idylle avec Jules Sandeau et affiche sa liaison. Ensemble, ils commencent une carrière de journalistes au Figaro, sous l’œil bienveillant d‘Henri de Latouche, le directeur du journal, originaire de La Châtre. Ils écrivent ensemble un roman, “Rose et Blanche”, publié sous le pseudonyme de Jules Sand.
Ce livre connaît un certain succès. Un éditeur commande un prochain roman. Aurore Dupin propose le manuscrit d’un livre qu’elle vient d’écrire à Nohant durant l’hiver 1831-1832 sous le même pseudonyme. Jules Sandeau ne reconnait pas la paternité de ce livre. Henri de Latouche est consulté et tranche : le nom de Sand est conservé pour satisfaire l’éditeur et le prénom est modifié pour distinguer les deux auteurs. Aurore Dupin prend celui de George. Sa première œuvre personnelle, “Indiana”, est publiée le 19 mai 1832 sous le nom de George Sand.
À REGARDER
Emission de France 5, Une Maison Un Artiste dédiée à George Sand, la rebelle de Nohant
À REGARDER
Une sélection de plus de 50 vidéos …
Le site internet des
Amis de George Sand
A lire




